Enfin : un âge de l’AVS flexible pour les revenus standards aussi
Jusqu’à quel âge aimeriez-vous travailler ? Peut-être jusqu’à 67, voire
70 ans ? Ou seulement jusqu’à 62 ou 63 ans ?
„Tout dépendra, répondrez-vous. Cela dépendra de votre état de santé à l’approche de la retraite et de votre capacité à travailler. Et aussi de votre plaisir à continuer de travailler. Peut-être, à 62 ou 63 ans, avez-vous tout simplement le sentiment d’avoir assez travaillé et de mériter votre retraite. Ou bien, voulez-vous pouvoir travailler à 50 % et bénéficier, à 50 % aussi, d’une rente AVS.
Mais peut-être, comme beaucoup de personnes actives âgées, n’avez-vous
simplement pas d’autre choix que d’arrêter précocement de travailler. Celui
ou celle qui perd son travail à cet âge-là ne retrouve pas facilement un
emploi. Après une vie professionnelle usante, de nombreuses personnes sont,
en outre, malades et épuisées.
A l’approche de l’âge de la retraite, la situation de chaque personne est
différente. Mais l’actuelle réglementation statique de l’AVS n’en tient pas
compte : alors que les personnes à gros revenu sont nombreuses à prendre une
retraite anticipée, les revenus standards — salarié (e)s ou indépendant(e)s
– ne peuvent se le permettre. Le capital nécessaire n’existe pas ou la réduction
à vie des rentes n’est pas supportable.
Voilà ce que veut changer l’initiative pour un âge AVS flexible. Elle permet
à toutes les personnes actives – aux indépendant(e)s aussi – de choisir librement
une retraite anticipée sans diminution de rente à partir de 62 ans. Seule condition :
cesser partiellement ou complètement son activité lucrative.
6,50 francs par mois pour la retraite anticipée
L’initiative ne demande pas un abaissement général de l’âge de la retraite, même si le Conseil fédéral le prétend ici où là. Car seul un nombre limité de personnes acceptera de cesser leur activité lucrative, qui rapporte un revenu supérieur à la rente. L’initiative n’a pas non plus d’influence négative sur les finances de l’AVS : l’introduction de l’âge AVS flexible n’entraîne – outre des économies pour les autres assurances sociales — que peu de surcoûts. L’administration fédérale a calculé que les cotisations AVS mensuelles prélevées sur un salaire moyen n’augmenteraient que de 6,50 francs (0,12 pour cent du salaire). N’est-ce pas un prix très avantageux pour obtenir, à partir de 62 ans, la possibilité de choisir librement le moment de son départ à la retraite ?
Après 60 ans, les chances sur le marché du travail sont maigres
La statistique le montre : à 60 ans, seules trois personnes susceptibles
de travailler sur quatre sont encore actives, et à 64 ans, cette proportion
n’est plus que d’une à deux. Nombre de ces « inactifs » sont des chômeurs,
souvent exclus ou contraints de prendre une retraite anticipée. D’autres,
après une dure vie de labeur sont malades ou invalides.
L’âge AVS bloqué à 64/65 ans ne correspond plus aux besoins des hommes
et des femmes. Et pas davantage à la réalité sociale et économique.
Les patrons réclament un âge de l’AVS à 67 ans, mais eux-mêmes utilisent
la « retraite anticipée » de force, à travers des plans sociaux dans le
meilleur des cas, par le biais de l’assurance-chômage et de l’assistance
le plus souvent. Aujourd’hui, pour les personnes de plus de 60 ans, les
chances sur le marché du travail sont maigres. Elles sont licenciées,
prétendument pour cause d’efficacité inférieure à celle des jeunes et
– à partir de 50 ans déjà — ne trouvent que rarement un nouvel emploi.
Un âge AVS flexible à partir de 62 ans, sans diminution de rente, donne
à ces personnes la possibilité de se retirer dignement du marché du travail.
En bref
Vous pouvez télécharger ici l’argumentaire
de l’initiative
Toutes celles et tous ceux qui en feront usage toucheront une rente
entière dès 62 ans
A partir de 60 ans, la population active décroît dramatiquement.
Beaucoup d’actifs perdent leur emploi, n’en retrouvent pas, ou sont
rejetés. Sans une solution sociale, la majorité d’entre eux sont menacés
par une forte diminution, à vie, de leur rente. Qui peut donc se le
permettre ? L’initiative change cela. Celle ou celui qui prendra sa
retraite à partir de 62 ans touchera une rente entière.
Pas de diminution des rentes pour les revenus standards
Pour les moyens et les bas salaires, il n’y aura plus de discrimination
en matière d’âge de la retraite. Pas d’obligation de travailler plus
longtemps, pas de diminution insupportable des rentes en cas de retraite
anticipée pour les revenus jusqu’à 9160 francs par mois. Une proposition
sociale !
Récompenser les bonnes solutions de branche et d’entreprise
Les solutions transitoires et sociales qui existent en matière de retraite
anticipée – comme dans la construction, les banques ou les services publics
– ont souvent une base financière étroite. L’initiative allège la charge
financière de ces solutions de branche et d’entreprise. Un progrès à
bas prix !
Social, mais pas onéreux
L’AVS se porte bien. Contrairement à ce que prédisaient ses prophètes
de malheur dans le milieu politique, elle connaît année après année des
soldes positifs en milliards. Nous pouvons donc nous payer un âge flexible
et avantageux de la retraite, qui ne coûtera que 800 millions de francs.
Soit 0,12 pour cent du salaire pour l’employé(e) et autant pour l’employeur.
Ou encore 6,50 francs par mois. Cela vaut le coup !
Supprimer les inégalités en matière d’âge de la retraite !
Lorsque l’on cesse son travail à partir de 62 ans, on a besoin d’une
rente complète ! Dans un monde du travail flexible, il doit y avoir une
AVS flexible et sociale !